
Malgré les efforts déployés
jusqu'à présent pour l'accès au haut
débit pour tous, on constate encore une grande
inégalité dans les territoires haut-marnais :
Le développement industriel des petites et moyennes entreprises, le fonctionnement des exploitations agricoles sont freinés par le manque de possibilité de connexion haut débit. Il est anormal qu'une petite entreprise répartie sur 3 sites en Haute Marne doive payer 450 €/mois pour l'un de ses sites et pour une connexion haut débit à 2 Mégas : les services de l'Etat ou les services du département n'accepteraient jamais pour leur fonctionnement une telle dépense, ni un tel déséquilibre entre ses différents sites. Les exploitants agricoles passent un temps fou à remplir leurs documents et à consulter les données transmises par satellite pour la gestion de leurs parcelles.
Il en va de même pour les mairies des petites communes. Elles sont de plus en plus
sollicitées
par les administrations qui expédient des documents de plus en
plus volumineux, fastidieux à télécharger, et pour
lesquels la réponse en bas débit est un pensum. Les
petites communes sont lassées des demandes non satisfaites, des
tracasseries permanentes liées aux dysfonctionnements des
connexions bas débit incapables de relayer les documents, les
mises à jour, et pour une consultation de sites internet de plus
en plus chargée et donc difficile à consulter.
Encore
une fois, dans la mesure où les services de l'administration
fonctionnent, tout va bien : peu importe si l'usager final ne peut rien
faire.
L'éducation publique prend du retard. Seuls certains centres, proches des préfectures, des sous préfectures ou des chefs lieux de canton bénéficient de liaison haut débit, alors que paradoxalement les classes isolées le sont de plus en plus. Les liens interactifs entre parents et professeurs fonctionnent de manière chaotique dans les petites communes.
Enfin,
les particuliers sont mécontents car ils sont privés de
ressources théoriquement gratuites et disponibles, correspondant
au monde actuel : les formalités administratives (le
gouvernement y incite), la culture, l'information, la démocratie
participative, et plus précisément les blogs où
les hommes politiques communiquent par vidéo (campagne
électorale...). A terme, le maintien des personnes
âgées à domicile nécessitera des demandes de
connexion pour les soins ambulatoires et la consultation des dossiers
médicaux ou des consultations en ligne avec des
spécialistes.
L'absence de liens avec les personnes âgées, dépendantes ou handicapées aggrave l'isolement.
L'implantation récente d'un centre d'appel à Chaumont prouve à contrario que sans les
infrastructures,
dont l'accès haut débit, ce centre n'aurait pas vu le
jour. Il en va de même pour le Mémorial Charles de Gaulle,
qui est sans doute une réussite, mais qui ne connaîtrait
sans doute pas le même rayonnement sans le haut débit.
En conséquence, nous demandons que les solutions individuelles soient
abandonnées
au profit de solutions collectives, durables et équitables,
incluant et combinant toutes les techniques utilisables actuellement,
avec des solutions adaptées territoire par territoire.